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Sinfony

ISO 22716 · BPF cosmétiques

ISO 22716 ne vous demande nulle part d'écrire davantage.

C'est pourtant la lecture la plus répandue. Un audit approche, on ajoute une procédure ; un écart survient, on ajoute un enregistrement. Au bout de quelques années, le corpus a triplé et les mêmes écarts reviennent. La norme n'a jamais rien demandé de tel. Reprenons ce qu'elle dit réellement.

17 chapitres

Personnel, locaux, équipements, matières premières, production, produits finis, laboratoire, produits hors spécification, déchets, sous-traitance, déviations, réclamations, maîtrise des changements, audit interne, documentation. Aucun ne fixe un nombre de procédures.

Les dix-sept chapitres d’ISO 22716 : seize décrivent des pratiques, le dernier la documentation.1234567891011121314151617Chapitres 1 à 16 : des pratiques.Chapitre 17 : la documentation. En dernier.
Structure d'ISO 22716:2007, lignes directrices relatives aux bonnes pratiques de fabrication cosmétiques.

Relisez la table des matières : la documentation est le dernier chapitre, pas le premier. Les seize qui la précèdent décrivent des pratiques — comment on forme, comment on nettoie, comment on tranche un lot douteux. Le chapitre 17 dit ensuite comment tracer ces pratiques. L'ordre n'est pas décoratif : il dit que le document suit la pratique, et non l'inverse.

La croyance qui coûte cher

« Plus j'ai de procédures, mieux je suis couvert. »

Cette phrase n'est écrite nulle part dans la norme. Elle est pourtant le moteur silencieux de la plupart des systèmes documentaires cosmétiques que nous ouvrons. Elle repose sur une confusion : être capable de montrer un document et être capable de démontrer une pratique maîtrisée ne sont pas la même chose. ISO 22716 demande la seconde. Un auditeur compétent, lui, ne compte pas vos procédures : il regarde si l'opérateur fait ce qu'elles disent.

Ce que la norme dit vraiment

Trois chapitres qui plaident pour l'allègement.

Chapitre 3 — Personnel

La norme demande que le personnel soit formé, que la formation soit adaptée aux tâches réellement confiées, et que son efficacité soit appréciée. Pas qu'il ait signé la lecture d'un classeur. Une procédure que l'opérateur ne peut pas appliquer telle qu'elle est rédigée est un problème de chapitre 3 avant d'être un problème de documentation.

Chapitre 13 — Déviations

Une déviation doit être documentée, investiguée, et faire l'objet d'une décision argumentée. Le texte ne dit pas « ajouter un contrôle ». Si votre réponse standard à un écart est une ligne de plus dans une procédure, vous ne répondez pas au chapitre 13 : vous documentez votre renoncement à en chercher la cause.

Chapitre 17 — Documentation

Les exigences portent sur la maîtrise : versions identifiables, approbation, diffusion, retrait des versions périmées, archivage. Toutes ces exigences se tiennent d'autant mieux que le corpus est petit. Un référentiel de deux cents documents satisfait le chapitre 17 sur le papier et le trahit dans les faits, parce que personne ne peut garantir qu'aucune version périmée ne circule encore au poste.

Notre conviction

Un document de plus n'a jamais empêché une erreur.

Et cette conviction n'est pas une prise de liberté avec ISO 22716 : c'est sa lecture stricte. Le règlement européen 1223/2009 impose la conformité aux BPF, et l'application d'ISO 22716 vaut présomption de conformité. Ni l'un ni l'autre ne fixe de volume. Ce que vous ajoutez au-delà du nécessaire, vous devrez le maintenir, le diffuser, le former et le prouver — sans aucune contrepartie réglementaire.

Ce que vous y gagnez

Moins de documents, plus de conformité.

Audit

Un corpus restreint et cohérent se défend en entretien. Un corpus pléthorique offre à l'auditeur autant d'occasions de trouver deux textes qui se contredisent — et il les trouvera.

Formation

Le coût de formation est proportionnel au volume à faire lire. Diviser le corpus divise l'effort d'habilitation, et raccourcit d'autant le délai avant qu'un nouvel arrivant soit autonome.

Écarts

Une part importante des déviations naît d'une procédure inapplicable ou contredite ailleurs. En supprimer la source fait chuter les écarts sans toucher aux contrôles.

La question n'est donc pas « ai-je le droit de supprimer ce document ? » mais « suis-je capable de tracer pourquoi je l'ai supprimé ? ». C'est le sujet du chapitre 17, et c'est parfaitement faisable — nous y consacrons un article entier.

Questions fréquentes

ISO 22716, en clair.

Votre corpus a-t-il grossi pour de bonnes raisons ?

Deux jours suffisent à le savoir : ce qui est exigé par la norme, ce qui a été ajouté par prudence, et ce que plus personne ne lit.